Le méthane est environ 80 fois plus puissant que le CO₂ sur une période de 20 ans, mais il ne reste dans l’atmosphère qu’une dizaine d’années environ, ce qui signifie que la réduction des émissions se traduit rapidement par un ralentissement du réchauffement. S’appuyant sur les dernières évaluations du GIEC, de l’OMM, de l’AIE et du PNUE, le rapport identifie les combustibles fossiles, l’agriculture et les déchets comme les trois secteurs responsables de la grande majorité des émissions anthropiques de méthane et définit neuf actions prioritaires à mettre en œuvre d’ici 2030 dans ces secteurs.
Pour le secteur des déchets, qui représente environ un cinquième des émissions mondiales de méthane d’origine anthropique, le rapport identifie trois actions prioritaires :
– la suppression progressive des décharges à ciel ouvert et des sites d’enfouissement non contrôlés grâce à des calendriers précis et à une planification des infrastructures ;
– la récupération du méthane issu des déchets et des eaux usées par la digestion anaérobie, la valorisation des gaz de décharge et les technologies de traitement ;
– et la mise en place de systèmes de gestion des déchets urbains circulaires et à faibles émissions de méthane grâce au tri sélectif obligatoire, au développement du compostage et à des investissements intégrés donnant la priorité à la prévention, au recyclage et à la valorisation énergétique.
Loin d’être un simple document de référence technique, ce rapport se présente comme un appel à l’action : il associe des données sur les émissions, le potentiel de réduction et les coûts à des priorités concrètes en matière de politiques et d’investissements pour les gouvernements, l’industrie, les villes et les bailleurs de fonds. Il met également en avant les arguments économiques de poids en faveur de l’action, soulignant que la réduction des émissions de méthane dans ces trois secteurs pourrait générer 330 milliards de dollars de bénéfices économiques mondiaux annuels d’ici 2030, parallèlement à des avancées majeures en matière de santé publique et de sécurité alimentaire.
Ce document s’adresse aux gouvernements nationaux et locaux, aux institutions de développement, aux acteurs du secteur privé, aux bailleurs de fonds et aux professionnels travaillant dans les domaines de l’atténuation du changement climatique, de la gestion des déchets et de l’économie circulaire.